Carcasse

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La pièce est faite de modules : des boudins oranges de tissus rembourrés, assemblés au moyen d’épingles.

Elle forme une enveloppe, devient carcasse.

Reste d’une construction qui ne veut pas devenir monument.

 

Elle dégage cette étrange impression d’appartenir malgré moi à l’ontologie européenne.

Je me souviens d’avoir vu ces tableaux, Rembrandt ou Bacon, ces morceaux de chair suspendus, ces carcasses.

Ces images sont entrées dans la mémoire collective.

Pourquoi reviennent-elles ?

Comment d’un geste de sculpteur, à priori en quête d’abstraction, une simple superposition, peut faire renaître ces images ? Comment une simple contraction entre deux clous m’évoque les représentations de Vénus paléolithiques.

 

Qu’est-ce que cet inconscient qui conduit l’acte ?

 

Mes gestes de sculpteur font et se questionnent.

En dirigeant le regard et la conscience vers ce qu’ils réalisent, ils ouvrent un chemin de réflexion sur ce qui toujours déborde d’eux-mêmes.

Et ces gestes parce qu’ils  « débordent du monde »  font œuvre.

 

 

 

Carcasse, 245 x 130 x 79 cm, tissus, billes de polystyrènes, épingles,

2013, exposition « Gestes de sculpteur », Gurgy, Bourgogne.

 

 

Vénus ou Compression entre haut et bas, tissu rembourré et clous, dimension variable. 2012