Traversées

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En Chine nous apprenons à tenir le pinceau, le charger en  encre, le presser sur le papier et tracer le trait, la ligne.  Cela revient sans cesse, même si aujourd’hui il est possible, très rapidement, de se risquer à la représentation.

 

Ce dessin est  influencé par un voyage en Chine, par une rencontre avec la peinture traditionnelle chinoise, par cette expérience concrète et personnelle comme par la projection fantasmée de l’expérience écrite de Fabienne Verdier.

 

La main trace une ligne, puis une autre, encore une et ainsi de suite, jusqu’à traverser la page de son chemin fait d’erreurs, de choix, de découvertes, de glissements. Parfois c’est le mouvement du corps entier qui est convié, comme lors de la performance Origine du monde.

 

Il en sort un paysage vallonné, une forme dont les mouvements ne sont pas une illusion d’optique issue de lois mathématiques comme l’art cinétique, mais du passage vivant de la main.

 

Cette activité qui fait répéter un geste pendant longtemps, permet au cerveau de fonctionner « par défaut ». L’attention au monde extérieur diminue et laisse la concentration s’orienter vers l’intériorité. Ces moments de retour sur soi, quand apparemment rien ne se passe, nous permettent de nous construire, nous humain, individu, appartenant au monde mais ayant besoin de le sélectionner en nous pour l’inscrire et recevoir à nouveau.

 

Ce dessin est à voir au sol, pour pouvoir cheminer autour en y laissant se perdre le regard.

 

 

Traversée, 2012, encre de Chine sur papier, 2 x 10 m.