Vanité de carte 1. Au vent

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Vanité de carte 1. Au vent, 2014, pigments, 500 x 550 x 5 cm.

 

Une résidence d’un mois en Auvergne, dans le massif du Sancy, m’a amené à travailler sur la carte, un de mes moyens d’appropriation de ce territoire à découvrir rapidement.

Le propre de la carte est d’être « schématique, sélective, conventionnelle, condensée et uniforme », car outil de communication d’informations. C’est une représentation du monde qu’il m’intéresse de repenser. Les projets suivants sont mes premières transformations de celle-ci.

La carte d’une partie des chemins de randonnée du Massif du Sancy est tracée au sol, à grande échelle, en pigment. La patience du faire est proche de la pratique des mandalas, écho qui est repris par l’idée de la marche comme pratique spirituelle. La volatilité du pigment teinte l’ensemble de fragilité, elle dit l’arbitraire des conventions qu’un coup de vent peut balayer.

La cartographie est une connaissance, mais aussi une marque apposée sur le territoire qui devient possession, nous possédons même la mer… Il y a peut-être un geste poétique qui veut faire disparaître cette vanité de l’homme à posséder le Terre.

L’histoire volcanique de cette région a été le lieu dans lequel un projet de cire pouvait s’inscrire. La cartographie des puits du Sancy devient une bâche de plastique trouée, support de coulées de cire. La sculpture se construit dans la perte, elle dégouline. Sa beauté informe comme les fétiches, et son imprévisibilité détruit la représentation de la carte. Elle n’a rien d’exacte et pourtant, elle nous décrit le territoire. Cette connaissance est sensible et intuitive, autrement scientifique. Je reviens à mon attirance pour la pensée mythique de Lévi-Strauss. Je pousse au paroxysme l’abstraction que représente la schématisation de l’espace sur une carte. J’évoque les deux limites de la cartographie, un excès d’application et un excès d’abstraction.

La carte sur plastique évoque aussi l’image du « septième continent », concentrations de particules de plastiques dans certaines mers, provoquées par nos déchets.

Notre participation au paysage ?

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